La Cigale et la Fourmi

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« La Cigale ayant chanté tout l’été,
Se trouva fort dépouvue,
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine,
Chez la fourmi sa voisine
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle :
Je vous paîrai, lui dit-elle
Avant l’oût, foi d’animal,
Intérêt et principal.
La foumi n’est pas préteuse
C’est là son moindre défaut :
Que faisiez-vous au temps chaud?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez ! j’en suis fort aise.
Hé bien ! dansez maintenant. »
Jean De La Fontaine.

Ah! Qu’il était doux le temps où nous n’avions qu’à nous préoccuper d’apprendre de jolies poésies, sans nécessairement en comprendre le sens profond.

Aujourd’hui, je saisis toute l’ampleur de ces quelques vers avec une vigueur aussi intense que les battements de mon cœur lorsque, ce matin, vers 11h30, j’ai sorti ma carte bleue pour m’offrir LE caprice du siècle.

Eh oui !!! Au grand désespoir de Chouchou, je suis une Fourmi – tout ce qu’il y a de plus économe, prévoyante, et raisonnée au point d’en être parfois psychorigide (j’avoue) – quand lui joue la Cigale frivole, épicurienne, et aimant vivre dans l’opulence, sans se soucier du lendemain.

Pourtant, ce matin, je me suis laissée entraînée du côté obscur de la force, Le Malin s’est emparé de moi et n’a fait qu’une bouchée de ma grande force de caractère et de ma volonté incorruptible (faut le dire vite, alors)

Il faut dire que je résistais depuis des mois pour ne pas entrer dans LA boutique.
Alors quand ce matin Chouchou m’a proposé d’y aller « juste pour regarder, on n’est jamais rentré dans cette boutique alors qu’elle se trouve en bas de chez nous », mon sang n’a fait qu’un tour dans mes veines, j’ai vu rouge et je me suis transformée en une bête féroce, incontrôlable, assoiffée de chaussures.

Comment vous n’avez pas deviné, avec les quelques indices distillés ça et là, de quelle boutique je parle…?

Et bien je parle de la boutique de Christian Louboutin: Mon créateur de chaussures préféré.

C’est vrai, j’habite au coin de la rue depuis 5 ans mais je n’avais jamais osé m’y arrêter (sauf devant la vitrine) de peur de faire une bêtise. Bien m’en avait pris jusque là, quand je vois ce que 10 minutes ce matin dans l’antre du Diable m’ont couté.

Cela dit, soyons honnête, en 29 ans et 5 mois (ça y est, vous connaissez aussi, mon âge par la même occasion), je n’ai jamais jamais jamais jamais craqué pour quoique ce soit de vraiment futile, en bonne Fourmi que je suis – Non pas que je ne me fasse pas des petits plaisirs de temps en temps mais à ce point là, c’est une vraie folie que j’ai réalisé digne de la Cigale.

A ma décharge, j’ai essayé plusieurs modèles qui m’avaient tapé dans l’œil mais quand mon pied est entré dans ce petit modèle si joliment plissé, il n’a plus voulu s’en retirer, comme si l’escarpin était greffé à mon petit peton désorienté – Une drôle de sensation quand on est perché sur 10 cms de haut de se dire qu’on à l’aise comme dans des Charentaises.

Voilà donc la raison de ce retour à la poésie de Jean De La Fontaine, à laquelle je repenserai bien sagement, au cours des prochains mois perchée sur mes Stilletos chéris, en mangeant des pâtes sans sauce, sans beurre, sans saveur :/

Mais, le jeu n’en valait-il pas la chandelle?

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2 réponses à “La Cigale et la Fourmi”

  1. J.R dit :

    >S’il y a les mêmes en noir… Je les commande au Père Noël !
    Bravo pour ton choix, ça aurait été inhumain de résister à un tel modèle !
    Quant à ta couleur, à première vue ça a l’air sympa !
    Tu peux continuer dans la même direction :-))

  2. lolo dit :

    >moi je suis tout à faire pour le coté cigale, c’est la meilleure des existences et en plus si c’est pour avoir des chaussures aussi superbes que ça je fonce

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