Bonne adresse : Akrame (Paris 8)

Alors voilà, j’ai 40 ans depuis quelques semaines.

 

Comme vous le savez maintenant, j’étais (très) enceinte à ce moment-là donc je n’avais pas forcément l’envie et/ ou l’énergie pour faire la fête. Et puis, de toutes les façons, je n’étais 

 

Sauf qu’il n’était pas question de rater ça. Mon chéri a donc décidé de me faire la surprise de m’emmener il y a quelques jours dans l’un des établissements les plus courus de Paris, actuellement. Alors si vous n’êtes pas du coin, je sais, vous allez dire qu’il n’y en a que pour Paris, Paris, Pariiiiis. Mais une fois de temps en temps, c’est quand même sympa de se faire un week-end dans un bel hôtel à Paris* avec un super resto pour couronner le tout. 

Pour nous, c’était aussi l’occasion de sortir en amoureux et c’était la première fois qu’on faisait garder les 2 enfants (même pas peur). Alors, après toutes nos galères estivales, c’était une vraie parenthèse magique.

 

Mais pour revenir à l’essentiel, ce fameux restaurant c’est Akrame (du chef Akrame Benallal). J’avais vu passer des visuels de plats sur Instagram et j’avais trouvé la proposition hyper originale pour ne pas dire couillue. Vous allez comprendre…

 

 

 

Evidemment, on a choisi d’aller diner là-bas, le vendredi 13 septembre (jour de grève des métros parisiens donc hyper galère de trouver une trottinette, un Uber, je n’en parle même pas et un taxi…. okay, vous avez compris l’histoire). On est arrivé avec 40 minutes de retard mais le personnel de salle qu’on a tenu au courant tout du long de notre périple – moitié à pieds –  a été adorable et hyper compréhensif et nous a gardé la table.

 

Il faut savoir que c’est l’un de ces établissements où on ne choisit pas ce qu’on va manger. On se laisse guider de bout en bout. Alors forcément arriver en retard = potentiellement énerver le chef, manger froid et/ ou saccadé par rapport au rythme prévu initialement etc. Bref, c’est toujours risqué !

 

En l’occurence, les amuses bouches sont arrivés très vite, en effet. Mais, le reste du repas s’est déroulé à une cadence bien plus cool (trop peut-être?).

 

 

Cette petite digression étant faite, je vous propose d’entrer dans le vif du sujet : On mange quoi chez Akrame? Et bien, je dirais qu’il s’agit d’une cuisine d’auteur. Le chef est inventif, à n’en pas douter, il n’hésite pas à servir des plats copieux dans un menu en 7 services tout de même. Et les présentations de ses assiettes sont osées à la limite du « je me moque de toi mais tu vas kiffer ».. 

 

Par exemple, nous avons mangé un genre de poisson pané. Bien sûr, exit le cabillaud surgelé. Il est remplacé par un filet de bar divinement cuit. La panure n’est pas une chapelure de mie de pain au rabais. On est plutôt sur une pâte feuilletée maison, le tout garni de légumes avec une sauce mousseline onctueuse au bon goût de beurre cuit. Un délice qui a failli me faire demander une autre assiette si je n’avais pas su le nombre de plats à suivre…

 

 

Autre exemple dans ce menu audacieux : le homard en 2 services. La queue de la bête est présentée de façon assez traditionnelle sur un lit de petits pois. En revanche, la pince arrive dans une seconde assiette, un peu plus tard, complètement cachée sous une raviole, un jus corsé et une émulsion acidulée. C’est assez inattendu alors qu’on s’attendrait à ce que ce produit noble soit bien mis en évidence au milieu de l’assiette. Cela ne gâche en rien la dégustation mais c’est un peu perturbant de ne pas voir ce qu’on mange.

 

 

La suite est dans la même lignée et ça va même crescendo : le pigeon flambé au whisky arrive sous une énorme croute de meringue en forme d’émoji caca. Oui, vous avez bien lu… Il est servi avec un riz soufflé que j’ai bien faillu confondre avec un bol d’insectes sautés. La ressemblance est assez bluffante.

 

 

Et comme à ce stade du repas, on est carrément détendu et prêt à encaisser  n’importe quoi, on est limite pas surpris de découvrir que la transition avant le sucré se fait avec un verre de Ricard, posé sur un dessous de verre éponyme. A l’intérieur, un granité du breuvage marseillais posé sur un lit de purée de cacahuète salée.

 

 

Franchement, si on n’est pas dans le second degré, je ne m’y connais pas. Et pourtant, c’est très bien cuisiné, l’assemblage est assez évident en bouche (qui n’ jamais mangé des cacahuètes au bar en sirotant son pastis hein). Très fin, très sympa.

 

Le sucré n’est pas en reste : Le premier dessert est encore présenté de façon assez couillue. On se demande ce que c’est: du terreau toutes fleurs? Ah non, c’est une sorte de sorbet au cacao émietté sous lequel se cachent des gouttes de caramel au beurre salé. A la guise de celui qui déguste, on peut rajouter de la fleur de sel et du grué de cacao pour exhauster les saveurs simples et efficaces de ce dessert. Une merveille en toute simplicité !

 

 

Et on finit sur un soufflé à la passion accompagné de son sorbet carotte. Le clou du spectacle : il faut tremper le sorbet dans le soufflé pour en rafraichir la texture et les saveurs. Le sorbet, c’est de la carotte à l’état pur. Aucun sucre ajouté, aucune épice qui viendrait troubler le goût originel du légume. Le tremper dans le soufflé, en revanche, apporte une complexité à ce dessert. Moi, qui n’aime pas la passion, j’ai été passionnée (!) par cette association originale, le geste ludique et le contraste chaud froid.

 

 

Bien joué !

 

Voilà un repas de 40 ans que je n’oublierai pas de si tôt. C’était tout à fait dans la lignée de mon mood du moment : fun, déjanté, sans prise de tête mais délicieux. Et honnêtement, on en a pour son argent au vu de la qualité des produits et de la quantité dans les assiettes.

 

A ne pas manquer si vous êtes de passage sur Paris. 

 

Infos pratiques:

Akrame

7 rue Tronchet

75008 Paris

Tel: 01 40 67 11 16

 

 

 

*Une partie de l’enveloppe budgétaire pour aller chez Akrame m’a été offerte par Hotels.com, mais toutes les opinions sont les miennes.

 

 

 

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