Les Papotages de Nana

Comment gérer les remontées acides de grossesse?

Salur la compagnie,

 

Comment ça va vous? Je reviens vous parler de grossesse parce que je suis souvent questionnée sur mon alimentation et comment je fais pour gérer les remontées acides, sans traitement médicamenteux. D’ailleurs, j’ai posté une photo sur insta l’autre jour et vous avez été nombreuses à me dire que vous auriez aimé avoir des conseils pendant votre grossesse parce vous aussi vous aviez souffert de ces satanées acidités. Je m’exécute donc même s’il est trop tard pour certaines. Maintenant, les remontées acides ne concernant pas que les femmes enceintes, vous pourrez (je l’espère) trouver quelques astuces ici pour vous aider au quotidien.

En ce qui me concerne, figurez vous que cette 2ème grossesse, bien que très différente de la première, ne m’a absolument pas épargnée sur le plan des acidités. Pour le coup, c’est le seul point commun entre les 2 fois et je m’en serais bien passée. Même si à la réflexion, je gère mieux les acidités que les nausées et vomissements en fait.

 

NB: Pour celles qui ne savent pas ce que sont les remontées acides, il s’agit d’un genre de brûlure d’estomac qui remonte dans le tube digestif jusqu’à la gorge et peut même vous occasionner des vomissements acides et irritants. Souvent, on dit qu’en fin de grossesse, c’est purement mécanique parce que l’estomac est comprimé et le « clapet anti retour » qui ferme le tube digestif ne fait plus son travail laissant remonter les sucs gastriques.


Je veux bien qu’il y ait une part de mécanique là-dedans mais pour ma 1ère grossesse, j’ai eu des remontées pendant 9 mois. Or, bébé ne commence vraiment à encombrer qu’à la fin du 2ème trimestre en général. Je doute que cette explication soit suffisante, en tous cas, en ce qui me concerne, il y  forcément une partie hormonale et alimentaire.

D’ailleurs, pour que les choses soient claires entre nous, ce dont je vais vous parler dans cet article m’est complètement personnel. Je ne suis pas médecin (et encore moins gourou ou je ne sais quoi) et je ne prétend pas avoir la solution miracle à tous les maux. Mais si mon retour d’expérience peut servir à certaines alors c’est avec plaisir que je le fais.

 

 

Bien manger, c’est important. Une de mes cantines : Miznon.


La démarche
: En gros, avec le temps et l’expérience, j’ai commencé à reconnaitre les signes avant coureurs de ces satanées acidités, qu’elles arrivent au 2ème ou au 9ème mois. Et vous allez voir que l’alimentation qu’on a, même si elle parait très saine initialement, est en grande partie responsable de ces acidités.

Petite digression: Si vous vous demandez pourquoi j’ai appris à gérer mes acidités sans traitement médicamenteux, c’est tout simplement parce que pour la 2ème grossesse, j’étais anémiée et on m’as prescrit du fer à haut dosage. Or, le traitement anti-acide bouffe les réserves en fer. Ne souhaitant pas multiplier les comprimés à avaler, surtout s’ils sont incompatibles, j’ai choisi de privilégier la prise de fer parce que je savais que je ne mangerais jamais assez de viande rouge pour compenser mon anémie. Alors que pour le coup, je savais déjà un peu comment atténuer ou limiter les remontées acides, sans rien prendre. 

Encore une fois, je parle pour moi, ce qui a fonctionné dans mon cas. Je ne fais pas de généralité. 

Pour schématiser, j’avais déjà remarqué la 1ère fois que j’avais une véritable aversion « physique » pour la menthe et la tomate. Douleur au moment d’avaler et vomito douloureux direct dans l’heure qui suit le repas. Exit donc le dentifrice ultra fresh et les salades grecques ou les lasagnes. Jusque-là, vous vous dites, c’est casse-pied mais 2 aliments à retirer de son quotidien temporairement, ça reste gérable. Sauf qu’en réalité, on trouve de la menthe et de la tomate quasiment partout, même dans des plats où on ne soupçonnerait pas de tels ingrédients. J’ai trouvé de la tomate dans un riz thaï au lait de coco, par exemple….

La seconde fois, la liste des aliments qui m’ont donné du fil à retordre s’est avérée plus longue et moins évidente à déceler.

J’ai donc pris la décision de faire la liste précise de tout ce que je mangeais dans le moindre détail (control freak, vous avez di?): du verre d’eau à jeun au petit déjeuner jusqu’au morceau de crêpe beurrée abandonné sur la table par ma fille, au gouter, sur une semaine type.

Et à chaque fois, je notais les réactions physiques qui suivaient.

Après une semaine à tout décortiquer, je me suis rendue compte qu’à chaque fois que j’avais eu des remontées acides, cela impliquait des aliments acidifiants (par opposition au terme alcalinisant, soit le PH de l’aliment). Grosso modo, ça concernait les framboises, l’ananas, la pomme, certains produits laitiers dont le beurre en tête de liste, la tomate toujours, la menthe on n’en parle même pas… Plus sournois, le sucre dont celui contenu dans le blé (alerte glucide à indice glycérique haut) fallait y penser quand même ! 

Du coup, j’ai du revoir franchement mon alimentation car je ne pouvais plus manger de viennoiseries ou de pâtisseries contenant toutes du beurre et/ ou du sucre (ne serait-ce que dans le blé contenu). Adieu les salades de fruits et les jus frais non préparés maison. Les pizzas et quasiment tous les plats italiens à base de tomate ciao ciao jusqu’à nouvel ordre etc….

Et le chocolat :(((

Pour ne citer que ça. Je vais éviter de vous démoraliser complètement sur la grossesse.

Bientôt, je mangerai du chocolat sans me prendre la tête…. bientôt 😛


Le régime alimentaire qui marche
: Finalement, j’ai commencé à me tourner vers 2 types d’alimentation dont le mot d’ordre était « anti inflammatoire »:

 

* Le tout fait maison:

En cuisinant soi-même ses repas, en réduisant les produits industriels ou transformés, j’avais vraiment moins de soucis. C’est sûr, c’est contraignant mais c’est magique ! Quand on sait ce qu’on cuisine, on peut se lâcher et se faire plaisir. Il n’y a aucun ingrédient caché ou additif dont on ne maîtrise pas la réaction sur l’estomac. J’ai même été capable de manger des pizzas blanches préparées par mes soins, juste parce que je savais ce qu’il y avait dedans : pâte faite avec une farine faiblement dosée en « mauvais » gluten, fromages triés sur le volet, pesto maison, courgettes grillées et une huile d’olive de compet’….. de quoi se faire plaisir malgré tout. 

 

* Et le « quasi vegan », « presque sans lactose ni gluten« :

Cette alimentation concentre beaucoup de légumes, légumineuses, oléagineux et fruits. 

Au final, ce régime ne m’a pas déplu car bien plus varié et original que je ne l’aurais cru. Bon, par contre, je n’ai toujours pas passé le cap du tofu, du seitan ou tous les succédanés de viande qui ne m’attirent pas du tout et qui reste des produits industriels, transformés donc pas forcément bons pour les acidités. 

 

Au passage, je précise « quasi vegan » et « presque sans lactose ni gluten » car je n’ai pas éradiqué les produits animaux de mon alimentation ni le blé. J’ai juste réduit considérablement ma consommation et fais encore plus attention aux compositions.

Par exemple, je ne me refuse pas un petit fromage pasteurisé de temps à autre.

Je mange aussi pas mal d’oeufs car ce sont de bonnes protéines simples et facilement assimilables par le corps.

Pour lutter contre ma carence en fer, j’ai été contrainte de manger plus de viande rouge que d’ordinaire mais toujours en provenance de chez le boucher car la qualité est meilleure qu’en supermarché. 

En ce qui concerne le blé, je choisis mon pain et ma farine avec l’indice glycémique le plus bas possible. Exit les farines ultra blanches, tamisées et cie. Plus le chiffre à côté du T est élevé, plus elle est digeste (pour moi).

 

Voilà pourquoi, je dis « quasi vegan » notamment parce qu’en vrai, j’ai surtout mangé sain et équilibré plutôt que de réfléchir dans une logique « sans apport animal ».

 

 

 

Exemple de bol healthy vegan délicieux, chez Fringe dans le Marais

Scone vegan à la myrtille chez Wild and the Moon

Tartine d’avocat et bacon chez Marlette

Je me suis même autorisée une brouillade à la truffe (cuite, je précise) chez Un jour à Peyrassol

Et un délicieux granola à l’hôtel Hoxton


Bol brocolis rôtis au four, oeuf mollet et sauce sésame/ cajou maison

 

Ce que j’ai pioché dans l’alimentation vegan, c’est surtout l’originalité des assaisonnements à base d’oléagineux. Moi qui ne jure que par les tartines de beurre salé au petit déjeuner, j’ai du me rabattre sur les purées d’oléagineux (beurre de cacahuète, purée d’amande, purée de noisette, de cajou etc). Sur une tranche de pain de seigle, pain noir ou pain sans gluten, un peu de purée d’amande et une poire coupée en fines lanières (la poire Angélys, ma préférée actuellement), c’est le bonheur. C’est mon petit déjeuner préféré depuis quelques mois maintenant. Même si cela ne remplacera jamais mon pain/ beurre salé de bretonne…  Bientôt 😛

 

Petite recette de sauce: En salé, j’use et j’abuse d’une petite sauce improvisée à base de purée de sésame et cajou, huile de sésame, gomasio et jus de citron. Difficile de vous donner les proportions mais à la louche ça donne ça: 1 cas de purée de sésame, 1 petite cac de purée de cajou (pas plus sinon c’est trop sucré, enfin après c’est vous qui voyez). Je prends tout chez Jean Hervé chez Greenweez, c’est cher mais c’est la meilleure qualité qui soi. J’ajoute un filet de jus de citron et de l’huile de sésame. Je délaye avec de l’eau pour obtenir la consistance parfaite (je met plus ou moins d’eau selon si je veux une sauce crémeuse ou plus façon vinaigrette) et enfin je saupoudre avec du gomasio. Je ne mets pas de sel car le gomasio est déjà salé mais après, libre à vous d’ajouter de la fleur de sel à la dernière minute sur le plat pour ajouter du croquant sous la dent.

 

Cette sauce se marie avec beaucoup de plats de légumes: Je l’utilise notamment pour assaisonner une salade de brocolis que je coupe en bouquet et que je fais rôtir au four juste avec un filet d’huile d’olive, j’ajoute un oeuf mollet car j’adore le jaune bien coulant.

Je vous jure ce plat simple, c’est le paradis. Si vous êtes vraiment gourmands, ajoutez quelques noix de cajou torréfiés, pour le croquant…. vous m’en direz des nouvelles.

 

Autre astuce à base d’oléagineux: N’étant pas une sainte non plus, il y a certains jours où j’ai fait des écarts en mangeant une glace, un bout de brioche etc. En fin de repas, j’ai alors pris l’habitude d’avaler une cuillère à café de purée de cajou qui tapisse tout l’œsophage et calme drôlement les brûlures. En plus, ce petit truc est juste délicieux, limite c’est devenu un prétexte pour ajouter une note gourmande à mes fins de repas. Ahah ! 

 

Et pourquoi pas un houmous? Les légumineuses sont vraiment le meilleur ami de la femme enceinte en carence de fer et ne posent aucun souci en terme de remontées acides. Par cette belle saison, il suffit de les prépârefroids en houmous en tous genres.

Rien de plus simple : dans le bol du blender, on verse les légumineuses de son choix (pois chiche, pois cassés, lentilles, lentilles corail, haricots noirs etc…) qu’on aura fait précuire ou juste sortis de la boite de conserve pour les plus flemmardes, on ajoute un bon trait d’huile d’olive, une bonne rasade de jus de citron, de la purée de sésame (tahiné) et on mixe. On rectifie l’assaisonnement selon son goût, on peut aussi ajouter des épices, des herbes selon son goût et on obtient un délicieux houmous maison, qui ne fera pas mal à vos acidités, promis !

Ce que j’aime par dessous tout, c’est le houmous de pois cassés avec du sumac saupoudré à la dernière minute, pour son côté acidulé ultra frais.

 

Conclusion: Je pourrai vous écrire encore 400 pages sur le sujet. Mais, je pense que cet article est déjà bien trop long (comme d’habitude) (bravo à celles qui sont allées jusqu’au bout). Encore une fois, il s’agit de mon retour d’expérience et non d’une science exacte. 

Ce qu’il faut retenir essentiellement, c’est que si vous êtes sujettes à des acidités, il faut un temps certain pour qu’elles se calment, même avec un traitement. Cela ne se fait pas du jour au lendemain.

Et pour savoir à quoi on est réactif, l’idéal est de noter tout ce qu’on mange sur une semaine type. Au moins, vous saurez ce qui engendre des acidités ou pas et vous pourrez par vous-même décider d’éliminer tel ou tel aliment, de manière bien précise. Après tout, si c’est hormonal, il se peut qu’on ne soit pas toutes sensibles aux mêmes choses. 

Gardez bien en tête qu’on cherche à avoir un régime alimentaire le plus alcalin possible et anti inflammatoire pour calmer les irritations liées aux acidités.

 

Et dernier petit mot : courage à toutes celles qui sont enceintes par cette chaleur. L’été va être dur…. 

 

Bises

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2 réponses à “Comment gérer les remontées acides de grossesse?”

  1. Cristelle dit :

    J’ai bien envie d’essayer la sauce avec les brocolis et l’œuf mollet. Tu mets de la purée de sésame blanche ou 1/2 complet ? Ça a l’air bien appétissant en tous cas ! Merci pour l’idée 😉

    • JOhanna dit :

      Hello,

      Actuellement, j’ai de la purée de sésame demi complète. Mais ça marche très bien avec de la blanche aussi. Le goût sera juste un peu plus doux 🙂

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